Le Conseil canadien de la santé a fermé ses portes le 31 mars de cette année. Je me demande si cette fermeture du Conseil aura une incidence sur la réforme des soins de santé.

Le Conseil était une agence nationale, publique et indépendante de production de rapports, créée en 2003 afin de surveiller les engagements en matière de politiques et de programmes liés à l’Accord des premiers ministres sur le renouvellement des soins de santé. Il recueillait et distribuait de l’information sur les innovations en matière de soins de santé dans l’ensemble du pays — les pratiques, les politiques et les programmes et services qui améliorent les résultats en matière de santé et la façon dont les soins sont prodigués. J’ai utilisé ses rapports et son Portail de l’innovation en santé pour certains de mes travaux personnels au fil des ans. Je crois qu’il est juste de dire que certains aspects de son travail soutiennent la direction stratégique du RCSSSP.

Par exemple, en novembre 2012, un des analystes des politiques principaux du Conseil a écrit : « Les initiatives gouvernementales font la promotion de changements comme une plus grande utilisation des dossiers médicaux électroniques (DMÉ), les soins offerts par des équipes interprofessionnelles, et les innovations dans la gestion de la pratique afin d’aider les médecins en soins primaires à voir davantage de patients et de façon plus efficace. »

Le RCSSSP travaille avec les médecins sentinelles et les autres intervenants de partout au pays afin d’aider à mettre en œuvre ces changements. Notre outil de rétroaction des sentinelles est conçu pour fournir les renseignements dont les praticiens ont besoin afin de mieux influencer la santé de leur population de patients.

Un communiqué de presse en date de janvier 2013 publié sur le site Web du Conseil annonce que l’utilisation des technologies de l’information entraîne une meilleure communication avec les patients et des soins plus sécuritaires, de meilleure qualité et mieux coordonnés. J’étais un peu soulagée de voir une déclaration centrée davantage sur le patient, une appréciation de l’expérience du patient.

J’ai ensuite remarqué des données familières; « 57 % [des Canadiens] ont au moins une affection chronique et 31 % en ont au moins deux ». Les affections comprises dans cette étude comprenaient l’arthrite, l’asthme, d’autres maladies respiratoires, le cancer, les troubles de santé mentale comme la dépression ou l’anxiété, le diabète, la maladie cardiaque, l’hypertension et  l’hypercholestérolémie. » (Sondage international 2013 du Fonds du Commonwealth sur les politiques de santé auprès des médecins de soins primaires publié dans le bulletin 8 de janvier 2014 du Conseil canadien de la santé.) Le RCSSSP a développé et vérifié de façon rigoureuse les définitions de cas pour huit maladies chroniques pour les activités de surveillance et de recherche en soins primaires et en santé publique.

Même s’il y a beaucoup de travail à faire en matière de prévention, de prise en charge et d’intervention en ce qui concerne les maladies chroniques, je crois que ceci s’avère beaucoup plus important que l’apprentissage sur la prévalence des maladies chroniques. L’objectif est d’améliorer la santé globale des personnes et des collectivités grâce aux meilleures pratiques fondées sur des données probantes. Comment réaliser cet objectif de la meilleure façon possible à l’aide des données des DMÉ?

Mes réflexions m’ont menée à la Conférence des sous-ministres de la Santé sur la vision de l’utilisation des données secondaires sur la santé; « … pour les besoins du système de santé qui, d’une part, protégera la vie privée et la confidentialité des patients et de l’autre, servira les intérêts des Canadiens et du système de santé canadien au cours des années à venir. » (Une meilleure information pour une meilleure santé : vision de l’utilisation des données pour les besoins du système de santé au Canada, juin 2013)

J’ai été touchée par tout ceci. Je vois facilement le rôle du RCSSSP. Nous sommes des innovateurs dans la saisie et l’utilisation des données électroniques sur la santé. Nous avons créé un système de surveillance, une plateforme de technologie de l’information, à l’aide de nouvelles sources de données sur la santé. Nous avons un système primé de protection et de confidentialité des données. En tant que réseau national de surveillance sentinelle et de collaborateurs et coordonnateurs de recherche, le RCSSSP est en position pour réaliser de grandes choses. Je suis convaincue que notre travail peut influencer les soins primaires et la santé publique en aval à l’échelle des praticiens et des meilleures pratiques, et en amont à l’échelle des politiques et des programmes avec le développement de la recherche et des connaissances. Nous créons des renseignements à partir des données sur les soins primaires. Nous sommes le pont entre la recherche et les politiques en santé et la pratique des soins primaire. Nous faisons partie du système pour le changement. Le RCSSSP fait partie de la solution.

Octobre 2014

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Dr. Richard Birtwhistle

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