Nous tentons d’améliorer notre système de santé depuis ce qui semble être une éternité. Nous savons qu’il y a des problèmes : accès, temps d’attente et hausse des cas de maladies causées par le vieillissement de la population, entre autres. Nous savons également qu’au Canada, les soins de santé grugent plus de 40 % des budgets provinciaux, et que ce nombre est en hausse. Notre système coûte cher et n’offre pas un bon rendement.

Récemment, j’ai assisté à la deuxième d’une série de trois conférences organisées par le Centre Monieson de la School of Business de l’Université Queen’s. Les conférenciers provenaient de divers domaines et pays, notamment la Suède, le Danemark, l’Allemagne et l’Australie. La conférence mettait l’accent sur la « création de changements stratégiques dans les soins de santé ». Les organisateurs ont posé trois questions :

  1. Quelle forme une stratégie en matière de soins de santé au Canada pourrait-elle prendre?
  2. Comment les provinces et territoires pourraient-ils collaborer pour mettre au point un modèle stratégique unique au Canada, basé sur quatre éléments clés : les ressources humaines en santé, les soins intégrés, les dossiers de santé électroniques et l’assurance médicament?
  3. Quel serait un processus viable pour le changement?

J’ai pris part à un panel de discussion sur les dossiers de santé électroniques . Nous avons vite constaté qu’il n’est pas évident de tenter de mettre au point une politique cohérente pouvant être appliquée par tous les secteurs des soins de santé. Les questions de politique et la concurrence constituent des obstacles fréquents. Nous avons entendu à répétition que nous ne pouvons pas attendre que les politiciens règlent ces importantes questions en matière de soins de santé pour nous. Le système doit s’appuyer sur une évolution ascendante d’idées réalisables qui permettront d’améliorer les soins de santé au Canada.

Le Réseau canadien de surveillance sentinelle en soins primaires (RCSSSP) est l’une de ces idées. Afin de favoriser le changement dans les soins primaires, les médecins doivent se percevoir différemment. Nous ne pouvons plus être des « agents libres » lorsqu’il s’agit de prestations de soins ni rejeter nos responsabilités envers la population que nous desservons. Le RCSSSP donne aux professionnels des soins de santé primaire le pouvoir de l’information au sujet de la population où se situe leur pratique et de leurs pairs, ainsi que l’occasion de songer à leur rôle dans l’amélioration des soins de santé dans leur collectivité.

Modifier le système de soins de santé est une tâche colossale dans son ensemble, mais si chacun de nous trouve une façon d’apporter des améliorations dans son contexte ou dans sa collectivité, nous pourrons voir des résultats encourageants.

Print Friendly